ISSN 1710-694X 22 septembre 2006 Numéro 82

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Un Bénévole de RESPECT visite un camp de Réfugiés au Bénin

Logan Cochrane, un canadien de 22 ans, ne pouvait refuser de faire la présentation du Bénin, un pays d'Afrique de l'ouest, en juillet dernier.

Le fondateur de Working To Empower (Travailler Pour S'Affirmer - WTE) et volontaire de RESPECT International, Logan ne visitait pas l'Afrique pour la première fois, mais la mission était la même.

"Mon voyage m'a amené à passer par plusieurs pays africains : l'Ethiopie, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Kenya, l'Uganda, et le Nigéria," affirme Logan, un nouveau diplômé en anthropologie de l'Université de Victoria au Canada.

"Le Bénin est humide, comme le Burundi, un lieu tranquille avec une solide présence démocratique. Le pays est petit, tout comme sa population. Cotonou, la capitale officieuse, est un coin magnifique près de l'océan atlantique. Les plages sont pittoresques et pas très loin du Port de Non Retour, symbole de millions d'esclaves africains déportés vers Amérique" explique t-il.

Cependant, Kpomassè, le camp de réfugiés qu'il a visité, était différent pour deux raisons.

"Il y a une bonne dizaine de nationalités au camp: Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Guinée équatoriale, Libéria, Togo, Sierra Leone, Liberia, Soudan, Ogoniland (Nigeria), Guinée, et Tchad," déclare t-il.

Excepté les réfugiés et les coopérants, l'Afrique est aussi le berceau de la moitié des 40 millions de personnes dans le monde infectées par le VIH, selon une estimation du programme des Nations Unies sur le VIH/SIDA (UNAIDS).

En tant que chef de projet et éducateur sur le VIH/SIDA, Logan a été dans d'autres camps de réfugiés en Afrique. Mais contrairement à d'autres camps, Kpomassè a des maisons faites en briques ainsi que de l'électricité.

"Malgré cela, le travail est le même : la majorité des réfugiés est peu informée sur le VIH. Nous avons prévu de tenir des séminaires et travaux communautaires pour changer cela", dit Logan.

Qu'est ce qui l'a donc poussé à travailler avec des réfugiés et ceux qui sont atteints du VIH/SIDA?

"La majorité de enfants orphelins, en particulier ceux rencontrés lors de ma mission dans un orphelinat éthiopien, l'étaient devenus à cause du VIH/SIDA et certains de ces enfants portaient également le virus" a t-il déclaré lors d'une entrevue en ligne.

Outre la visite des camps de réfugiés, le travail de Logan l'a mis en contact avec le Groupement des Parents d'Élèves Réfugiés au Bénin, le Centre Tanzanien pour le Développement de la Jeunesse et la Formation des Adultes (CELA), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Caritas, et PP2, qui sont tous des partenaires de RESPECT.

Logan,  qui a fondé Working To Empower (Travailler Pour S'Affirmer - WTE), a été présenté à d'autres partenaires de RESPECT comme les Artistes pour l'Humanité (Artists for Humanity, DR Congo), le Centre pour le Développement de la Jeunesse et la Formation des Adultes (CELA, Tanzanie), le Nouveau Centre Anglais pour l'Espoir  (New English Center for Hope - NECH, Tanzanie), et  l'Association pour le Développement Communautaire d'Agoro (ACDA, Ouganda) lors de ce voyage de huit mois qui a débuté en Janvier 2006.

Cochrane a expliqué en quoi consistait le travail qu'il a accompli à Kpomassè : "Nous avons tenu un séminaire d'une semaine avec 42 participants. Il s'en est suivi une série de poèmes écrits par les enfants réfugiés d'Espérance Internationale (International Hope) qui travaille dans le camp. Ensuite, nous avons organisé une journée d'éducation communautaire avec une présentation vidéo. Le camp est petit, comparé aux autres, comprenant 700 réfugiés."

Comparativement à Kpomassè, le camp de Lugufu en Tanzanie, que Logan a visité plus tôt cette année, comprend 120 000 réfugiés.

Afin de soutenir le programme, il dit que deux membres ont planifié de travailler sur un programme incitatif de six mois pour continuer la sensibilisation au VIH/SIDA à Kpomassè.

En plus d'avoir organisé un séminaire au camp de réfugiés de Kpomassè, WTE a tenu un deuxième séminaire en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et Caritas à Cotonou (Bénin). Ce deuxième séminaire comprenait aussi 40 participants, de neuf nations, tous réfugiés.

Comme avec le séminaire de Kpomassè, tous ont recu des T-shirts, des repas, des livrets, des livres, des stylos, etc. Ce séminaire comprenait aussi un programme à long terme, grâce auquel la sensibilisation au VIH/SIDA continuera pour les six prochains mois. Le HCRNU et Caritas étaient engagés dans les deux sessions de formation.

Lors de ce programme, Logan a rencontré deux principaux défis: "Avant tout, nous avons eu un problème de langue. Avec plus de dix nationalités, nous avions plusieurs protagonistes parlant différentes langues. WTE avait des livrets dans quatre langues pour palier ce manque, et pour le séminaire, nous avons trouvé deux langues communes parlées par toutes les personnes présentes."

Son autre défi était relié au gouvernement. "WTE devait obtenir la permission d'entrer dans le camp. Cette procédure a pris trois semaines, ce qui a retardé les séminaires," affirme Logan.

A ceux qui font face à ce genre de défis autre part, il conseille la patience et la persistance, ajoutant que des contacts avec le HCR sont toujours utiles.

Lors de son voyage, Logan s'informait régulièrement de l'actualité internationale et était déçu d'entendre parler des conflits qu' il y avait eu en République Démocratique du Congo à la suite des élections du mois d'août.

" Lorsque j'ai quitté la R.D du Congo, j'ai fait un pari ; s'il se passaient deux mois de paix avec les élections, le Congo aurait un espoir pour le rétablisement de la paix. Il n'y a pas eu de paix et c'est même pire en vérité. Mes bon amis de la R.D du Congo continueront à affronter des situations difficiles."

Comme en R.D du Congo, il reste en contact avec des amis avec lesquels il a travaillé dans d'autres pays africains. "Je continuerai à parler et à travailler avec eux" affirme t-il.

Les voyages de Logan en Afrique le mèneront à travers différents pays africains, s'occupant d'orphelins et sensibilisant des adolescents au VIH/SIDA, dès septembre 2006.

Comment surmonte t-il le fait d'être si loin de chez lui?

"Bien, je n'ai pas été à la maison depuis Janvier, j'aime mon travail et je n'ai pas du tout besoin de surmonter le mal du pays. Quelquefois, quand je suis à des endroits où je ne parle que partiellement la langue principale, comme le Swahili, les choses peuvent être plus difficiles. Ma famille m'envoie des courriels et tout va bien."

Dans la plupart des camps qu'il a visités, les fêtes d'adieu étaient souvent très émouvantes.

S'il devait encore renconter les réfugiés, que leur demanderait-il?

"Nous avons fait beaucoup de projets quand je partais, mais souvent je n'ai pas beaucoup de moyens de faire de suivi étant donné qu'internet et les connexions téléphoniques sont difficiles d'accès. J'ai tenté de créer un sens de reponsabilité communautaire afin que les réfugiés prennent une part plus active dans le camp. Alors, je demanderais ce qu'ils font actuellement. Je leur demanderais, Qu'avez-vous retenu de ce que je vous ai appris?"

RESPECT International et le Groupe des Parents d'Enfants Réfugiés (GPER),  affilié à RESPECT au Bénin, remercient le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés de Cotonou de son soutien financier et Caritas pour ses recommandations.

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