Une formation sur le VIH/SIDA responsabilise les communautés
Logan Cochrane sait qu'il peut faire avancer les choses. C'est pour cette raison qu'en 2002, il a rejoint RESPECT comme bénévole et s'est progressivement investi personnellement dans les projets soutenus par l'association en Afrique. Il croit que l'éducation peut être utilisée comme fondement pour responsabiliser les communautés. Il a donc décidé de rédiger un court guide pour enseignants sur le VIH/SIDA disponible à la distribution dans les écoles affiliées à RESPECT.
Après le succès initial du guide, Logan a décidé d'élargir l'étendue de ses actions et de créer un programme de formation sur le VIH/SIDA pour répandre la prise de conscience du problème dans les pays africains. Avec l'aide de RESPECT International, Logan a travaillé sur la mise en place de projets dans trois pays africains : le Bénin, la Tanzanie et la République Démocratique du Congo (RDC). Il est désormais le président de Working to Empower, une association dont le but est de promouvoir l'éducation pour responsabiliser et renforcer les communautés.
"Le VIH/SIDA tue 8 000 personnes par jour, et il infecte 14 000 autres quotidiennement. Les partenaires de RESPECT ont été affectés, plus dans un sens commun, que les autres parce qu'il s'agit de populations réfugiées. J'ai donc décidé que je pourrais aller là-bas et dispenser un enseignement." Dit Logan, qui explique pourquoi il a décidé de créer le projet de formation.
La première étape a pris place en RDC, avec l'aide de l'organisation locale : ArtHum - Artistes pour l'Humanité. Pour traiter de différents aspects dans chaque communauté, le projet emploie différentes approches selon les régions dans lesquelles il sera mis en place. Par exemple, les bénévoles d'ArtHum utilisent le théâtre et les spectacles pour agrémenter le programme de formation préparé par Logan.
"Dans l'ensemble, les choses se sont bien passées, malgré quelques accrocs sur la sécurité, le transport et les finances qui ont causé des problèmes mineurs sur le chemin du camp" se rappelle Logan. Surmonter ces problèmes sans grande importance, et trouver un moyen de traduire le cours et les documents - à l'origine écrits en anglais - pour enseigner en français et dans les langues locales n'ont pas terni son enthousiasme.
"Les résultats dans la communauté sont sans fin, nous avions l'objectif de créer un groupe de gens qui pourraient former leur propre communauté. Notre but est de rendre les communautés mieux armées contre l'expansion du virus dans leur région." Explique t'il.
Soixante personnes ont participé à la formation en RDC, 28 étaient enseignants/tes et 32 étaient membres d'Organisations Non Gouvernementales (ONG) locales. Parmi ces dernières, une personne travaillait pour le Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA. Durant une formation de trois jours, les instructeurs ont axé leurs efforts pour faire comprendre clairement ce qu'est le VIH en tant que virus et comment se passe la transmission entre les gens.
En même temps, les participants ont appris différentes méthodes de prévention et leur fonctionnement, ils ont aussi étudié les réussites et les échecs des campagnes précédentes afin de mieux comprendre comment aborder le problème au mieux avec les gens. Enfin, ils ont été encouragés à dépasser la stigmatisation et les obstacles à la prévention liés aux différences homme-femme, deux éléments qui font échouer beaucoup de tentatives de sensibilisation sur le continent.
"Aussi longtemps que persistera l'ignorance dans les communautés, la maladie continuera à tuer les gens massivement. Il est temps d'éduquer et de former des activistes et d'informer les gens sur les dangers que représente cette maladie pandémique - le SIDA." Explique Dieudonné Amisi Mutambala, directeur d'ArtHum. Malgré le succès du projet, Dieudonné pense qu'il y a encore des choses à faire pour l'améliorer.
Plus de supports d'information - des affiches, des vidéos et des présentations - pourraient aider à faire passer le message plus efficacement. Dieudonné espère que progressivement, on pourra organiser plus de sessions de formations dans d'autres parties de RDC, comme à Uvira ou à Fizi.
Le projet peut aussi aider les locaux à apprendre plus de choses sur le problème afin d'éduquer d'autres personnes et donc à multiplier son étendue potentielle. Il est particulièrement important d'essayer de se débarrasser de certains mythes et préjugés liés au VIH/SIDA. Ainsi les gens pourront commencer à agir correctement en réponse à la maladie. "Les connaissances qu'ont acquises les participants dans cette formation sont des armes contre le virus mortel et les personnes formées doivent les diffuser dans leur communauté." Pense le directeur d'ArtHum, avant de reconnaître que pour être plus efficaces, ces activistes fraîchement formés auraient encore besoin de soutien de la part de toute institution potentielle.
Au bout du compte, le gouvernement et la société civile auront besoin d'associer leurs forces pour obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre le problème. "Associer les efforts signifiera être solidaire et coordonner les actions de tous ceux qui sont impliqués" dit Dieudonné. Avec les premiers pas déjà réalisés dans la bonne direction, ArtHum et Logan peuvent seulement espérer que le mouvement se poursuivra dans le même élan pour attirer toutes les parties intéressées pour combattre pour une solution définitive.
Pour ceux qui veulent suivre son exemple et pour faire plus pour aider les gens en Afrique, Logan a quelques idées qui peuvent être suivies sans beaucoup d'efforts. "Les gens peuvent faire beaucoup depuis chez eux, comme en étant bénévole en ligne ou en soutenant une collecte de fonds" Suggère t'il.
Pour en savoir plus sur les projets de Logan Cochrane en RDC, en Tanzanie et au Bénin, visitez www.workingtoempower.org.