ISSN 1710-694X 30 juin 2006 Numéro 76

 Retour au e-Zine

Visite en Ouganda du Nord

Dans la beauté éblouissante d'un cadre montagneux et luxuriant, une force terrorise les habitants depuis près de vingt ans. L'Armée des Seigneurs de la Résistance ou LRA ( Lord's Resistance Army) est une bande de rebelles qui enlèvent les gens pour multiplier leurs prouesses militaires ou simplement pour en faire de la main-d'oeuvre de transport.

Le Révérend Patrick et Logan

Pour l'instant, ils ont commencé des pourparlers de paix avec le Soudan, mais depuis les vingt dernières années, ils ont répandu la peur et l'ont transformée en sentiment commun si bien que les gens qui vivent à Agoro ne connaissent pas la vie sans elle. Les gens ont quitté leurs foyers, laissant leurs villages totalement abandonnés, allant vers la région centrale où les soldats du gouvernement peuvent apporter leur protection. De telles mesures n'ont toujours pas abouti à une quelconque forme de sécurité. Le week-end avant mon arrivée, deux jeunes femmes ont été enlevées.

En raison du besoin de nourriture, les personnes ainsi déplacées dans leur propre pays ou IDP, Internally Displaced Persons, font de longs trajets à pieds tous les matins vers 9 heures en direction des lieux de culture, s'assurant de retourner au camp avant 2 heures de l'après-midi pour ne pas être la prochaine personne qui ne rentrera pas à la maison.

Je suis arrivé après quatorze heures de bus depuis Nairobi, au Kenya jusqu'à Kampala où j'ai pris un deuxième bus pour un voyage de dix heures vers la région Nord de l'Ouganda. Accueilli chaleureusement par un groupe formidable de bénévoles organisés et passionnés, j'ai été impressionné par l' Agoro Community Development Association (ACDA, Association pour le Développement de la Communauté d'Agoro), une Organisation Non Gouvernementale (ONG).

Trois grands bâtiments

Trois grands bâtiments au sol en terre battue ont été construits par l'ACDA avec des fonds des Nations Unies. Il y a aujourd'hui plus de mille quatre cents enfants de moins de 5 ans qui bénéficient de leurs services, entièrement gérés par les bénévoles d'ACDA.

Leur bureau principal est à Kitgum, une grande ville de la province du même nom, cependant leur camp principal pour personnes déplacées (ou IDP, Internally Displaced Persons) est plus au nord, à deux pas du Soudan, dans le district d'Agoro. On m'a présenté un deuxième bureau local, ainsi que les trois bâtiments où les mille quatre cents enfants de moins de 5 ans bénéficient du programme de soin quotidien — entièrement conduit par des bénévoles.

En outre, parmi les plus de soixante-quinze bénévoles, certains ont commencé à monter une école professionnelle comme il n'y a pas d'école secondaire dans la région, la plus proche étant à 45 km. Les bénévoles d'ACDA ont aussi pris part à une formation sur le VIH/SIDA en travaillant avec douze des vingt-deux camps pour personnes déplacées dans la province.

ACDA fait l'éloge de RESPECT International parce qu'elle a facilité son apparition sur la scène internationale, elle l'a aidée à démarrer les classes d'informatique et a offert des cours par correspondance via l'Université RESPECT – en plus des correspondances scolaires. Les cours d'informatique ont rencontré quelques problèmes avec la régularité de l'électricité mais c'est une ressource bien utilisée. L'ACDA a inscrit plus de quarante personnes à l'Université RESPECT et espère trouver un moyen d'accélérer les échanges pour permettre aux étudiants de travailler à un rythme plus soutenu.

Rassemblement sous un arbre

Des bénévoles et des personnes déplacées habitantes du camp se sont réunies sous un arbre pour rencontrer Logan Cochrane.

Je n'étais pas seulement motivé pour visiter une communauté partenaire de RESPECT, mais aussi pour rencontrer une ONG de fondement local pour collaborer avec une autre association pour laquelle je travaille : Working To Empower. Alors que j'étais dans le camp pour personnes déplacées d'Agoro, on m'a parlé de quatre-vingt-quatre orphelins, qui recevaient une aide sous forme de fournitures pour aller à l'école primaire. Comme je l'ai dit, il n'y a pas d'école secondaire et la seule option est d'aller dans une école à Kitgum mais c'est au-delà des moyens de la plupart des gens.

Par ailleurs, des projets pour un travail futur sur la sensibilisation au VIH/SIDA ont été discutés pour 2007. Pour de plus amples informations, merci de visiter : www.workingtoempower.org.

 Retour au e-Zine