La construction du Centre et Bibliothèque de Ressources a commencé
Au milieu du District de Gulu secoué par les conflits en Ouganda du Nord, la construction de l'Universal African Resource Center and Library (UARCL, Centre et Bibliothèque Universels de Ressources Africaines) financé par To Love Children (TLC, Aimer les enfants) offre une lueur d'espoir pour les enfants d'Ouganda du Nord. Le centre de ressources a pour but de toucher les filles les plus vulnérables et de couvrir le manque en éducation et en services de santé généré par 20 ans de conflits.
"L'éducation a besoin d'opportunités, tout comme l'eau a besoin de barrage, pour canaliser son potentiel. Voir le premier Centre et Bibliothèque Universels de Ressources Africaines se construire est comme assister à la concrétisation de l'espoir. Désormais, les filles les plus vulnérables auront un endroit où étudier et nous aurons un modèle que nous pourrons étendre à toute l'Afrique pour apporter des ressources et de l'éducation aux communautés rurales." Explique David Kenneth Waldman, fondateur et Président de To Love Children.
Le bâtiment, construit sur un terrain acheté par TLC au coeur du district, hébergera une librairie, deux bureaux, une salle de lecture, et des latrines à fosses. TLC est confiante sur le fait qu'il y aura assez de bibliothécaires dans la région pour fournir un service suffisant.
En plus de fournir des services éducatifs directs et des ressources aux filles du district, le centre de ressources favorisera également la prise de conscience de l'importance d'un développement durable qui implique les filles et les femmes pour briser le cycle de la pauvreté. Les femmes instruites et les femmes qui auront accès à ces opportunités sont plus à même de faire des choix éclairés sur l'avenir et le bien-être de leurs enfants et de la société en général. Le centre offrira des ressources pour les éducateurs, les chercheurs, les conférenciers et les activistes en Ouganda du Nord, ce qui leur permettra de comprendre les problèmes socio-politico-culturels de la région.
Le SIDA est un problème majeur qui hante la région. Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires rapporte que plus de 90% des populations déplacées en Ouganda du Nord vivent dans des camps surpeuplés, où ils s'approvisionnent grâce aux distributions des agences de secours et où le problème du SIDA/HIV ne peut pas toujours être traité prioritairement. Les Nations Unies signalent que l'enquête 2005 du Ministère ougandais de la Santé et de ses partenaires revèle qu'on estime que 1 000 personnes déplacées dans le Nord meurent toutes les semaines. Plus de 90% d'entre elles de maladie, avec la malaria et le VIH/SIDA en tête des causes rapportées de décès.
Le centre de ressources de TLC mettra en place un dossier de sensibilisation au VIH/SIDA et en fera des copies disponibles pour les lycées locaux, les organisations gouvernementales et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) locales. Elle organisera des ateliers et des séminaires pour diffuser l'information et pour éduquer les populations locales sur la pandémie.
La construction du centre de ressources a débuté en mai 2006 et devrait coûter, selon les prévisions, environ 20 000$ USD (soit 15 985€ EUROS). On envisage la fin des travaux en juillet et TLC espère que le centre ouvrira ses portes en novembre 2006.
Contexte
Winston Churchill a appelé un jour l'Ouganda, la Perle de l'Afrique. Cependant, pour les gens du district de Gulu secoué par les conflits en Ouganda du Nord, il y a peu de choses à attendre. L'ultimatum récent donné par le Président Museveni à Joseph Kony, chef des insurgés de l'Armée des Seigneurs de la Résistance (LRA), pour baisser les armes, n'a pas grande signification.
Selon l'UNICEF, l'insurrection qui dure depuis 20 ans a déplacé 90% de la population du district de Gulu. Les combats ont virtuellement balayé les écoles, les maisons, et toutes les étoffes de la société ougandaise. Des milliers ont été tués ou ont fui leurs foyers craignant constamment les attaques de la LRA. Les agences de secours ont décrit la situation comme la crise humanitaire la pire après celle du Darfour. Le gouvernement ougandais a fait peu de choses pour protéger les gens, et les enfants ont enduré le pire au sein du conflit.
La LRA a mené des enlèvements massifs d'enfants. Les garçons ont été formés au combat contre le gouvernement ougandais ou pour travailler pour la LRA et les filles ont été utilisées pour le sexe. L'UNICEF estime, dans un rapport publié en 2005, que près de 10 à 12 000 enfants ont été enlevés par la LRA depuis le début des conflits. On pense que des milliers sont morts de maladie ou de famine alors qu'ils marchaient vers les camps au voisinage du Soudan. Selon un rapport publié par Human Rights Watch en 1997 "Les enfants qui ont échappé aux rebelles se réveillent en hurlant dans la nuit parce qu'ils rêvent de souffrance et de mort : leurs rêves sont des rêves de peur des morts, de visions de morts, et, tous, trop souvent, de participation aux morts."
Ceux qui se sont échappés ont fini dans les camps de personnes déplacées, protégés par l'Armée ougandaise. Mais la vie est loin d'être facile dans les camps. Il y a un manque chronique d'eau, de services de santé adéquats, la malnutrition, la prévalence du SIDA et la sécurité incertaine.
Sources :
- Human Rights Watch Report 1997 (en anglais)
- L'Enfance en péril, la situation des enfants dans le monde en 2005, UNICEF (PDF, les 5 chapitres, 5,7 MG)
- UNDP Human Development Report for Uganda 2005 en français Résumé du rapport mondial sur le développement humain 1.8 Ouganda
- Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires
- BBC News Reports
- To Love Children: Universal African Resource Center and Library Concept Paper